La fresque
The fresco

Esquisse

Pour 2009 et 2010, une fresque panoramique à disposer en arc de cercle, de 27 mètres de long sur 3 mètres de haut est en préparation soient 9 toiles sur châssis de 3 mètres sur 3 mètres alignées.

Images en détail au fur et à mesure de la réalisation de la fresque dans le sous-dossier.

Scénario initial
Initial storyboard

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J'aimerais que cette fresque regroupe dans un premier temps l'ensemble des mes thèmes favoris, en y intégrant tous les nouveaux à venir au fur et à mesure de sa réalisation.

Elle commence une interprétation de la "Forêt de Dante" sur une île inconnue avec ses suicidés lovés sur des branches, réfugiés dans les arbres comme sanction éternelle issue d'un dernier jugement et ses chiens qui attendent leur chute pour les dévorer. J'y ai ajouté des arbres aux écorces acérées et profondes, prolongés de racines mouvantes telle une mangrove inextricable dans les méandres de laquelle surgissent des visages, des couples enlacés ou endormis, des têtes d'animaux affolés. La forêt est peuplée de tortues géantes, comme témoins muets et lents d'un monde rampant. Les branches des arbres se terminent par des mains implorantes. Des pieds et des mains comme viandes à l'étalage, suspendues comme à des herses, pendent des branches noueuses dans le vide comme un linge mouillé et lourd dans un jour sans vent, offerts en attendant aux chiens enragés et affamés qui les saisissent entre leurs machoires en sautant.
Les chiens à leur extrémités non pas des pattes mais des mains et des pieds comme ayant muté à force de manger ces denrées amenées chaque jour plus nombreuses par la mer entourant l'île.



La forêt est au bord de la mer et le rivage est tumultueux, secoué par l'arrivée d'une baleine égarée soulevant une embarcation de fortune de son corps immense, qui accédait à la côte enfin et se voit briser en deux parties par le mammifère affolé si près du but. Les malheureux entassés pèle mêle dans le bateau agitent leurs membres en tout sens. Les mats penchent et se brisent et deviennent l'ultime refuge de mains sans propiétaire apparent. Des singes sont montés au sommet des mats et s'y retiennent d'un membre, semblant s'amuser de la bascule engendrée.
On entend des cris mélangés d'animaux et d'humains.
Une vache sacrée, exsangue et translucide tombe du ciel dans ce chaos, escortée de vautours chatoyant et majestueux.



Partout il y a des mains venues de nulle part, comme ayant remplacé les nuages dans ce ciel apocalyptique, démesurées et qui tiennent et retiennent ou s'aggripent à tous ces éléments qui volent en éclats, pour retomber épars sur la surface de l'eau qui les avale.
Les mains aux extrémités des branches tentent d'attraper le crustacé géant et ramassent les morceaux de corps des naufragés pour les engouffrer au fond de la forêt comme pour la nourir. C'est un ballet de va et vient de visages ramassés et déposés dans la forêt que les racines caressent et font disparaître.
Un calmar géant est venu secourir la baleine et telle une grue tente de l'éloigner du rivage en la hissant. Mais des mains se dirigent aussi vers lui.
Les tentacules du poulpe enserrent amoureusement le poisson qui peine à se soulever, comme une montgolfière clouée au sol.



Plus loin se dessine la horde des réfugiés suivant les premiers bateaux échoués sur ce rivage inconnu qui ne prévient pas du destin qu'il réserve à ceux qui y accostent.
Des soldats blessés, fuyant la guerre, sont montés dans des embarcations de fortune comme celui ci assis dans le squelette volant de sa monture, comme des Mazeppa au bout du voyage.



Certains combattants sont armés et chevauchent des hippocampes, cernés de poissons préhistoriques et carnivores à la gueule béante comme aides de camp et de plus petits chevaux de mer, multiples, fragiles et indifférents. D'autres font virevolter des motocyclettes volantes. Ils ramènent un butin illusoire composé d'une cheval blanc de craie aux côtes apparentes, immaculé, menacé d'avancer par des piques, des carabines et des fouets que simulent des anguilles anthropophages qui claquent dans le vent comme des oriflammes. Derrière courent droites devant elles, des girafes.



Partout des mains géantes qui attrapent tout ce qui passe, venues de nulle part comme les armes démesurées de ceux, invisibles, qui ont provoqué et organisé cet exode.



Enfin la fresque se termine (momentanément) par une barque géante, fatras de planches incongrues qui supporte un tas humain comme un immense ballot de linge où s'emboitent et se mélangent couples enlacés, animaux, personnages solitaires et inquiets, carcasses de frigidiaire, de cuisinière, de voiture calcinée, résidus en tout genre, sans hiérarchie, jetés dans ce bateau comme on vide une poubelle géante.
L'embarcation de 9 mètres de long est centrée par un tronc d'arbre large et sans branche comme ayant été frappé par la foudre et dont les racines semblent comme des rames faire progresser le radeau ainsi abandonné.
Une houle profonde et épaisse assure la dérive de l'embarcation vers le rivage et sa forêt finale.

Tout est branlant, chancelant, au bord du vide, suspendu et inerte, entraîné dans un mouvement inexorable dans une seule direction, imprimée par le vent et le courant marin.


A suivre, prolongement et détails au fur et à mesure de la réalisation de la fresque ....

Fin des travaux prévue en 2014.