Le Silo, atelier, Pézenas.



IMG_20160305_074256

20160517_102835

IMG_20160324_164959

IMG_20160611_115011

DSC02422_2DSC02419_2

IMG_20160329_125849

IMG_20151214_074355

Les quatre saisons.

Nous sortirons de la crypte de glace en ayant prié tout l’Hiver dans nos chapelles espagnoles.
Le réveil du Printemps dispersera nos ambitions comme le ventre de l'hippocampe éclate à l’accouchement.
L’Eté agitera l'anarchie de nos sentiments libérés cultivant la dynamique du provisoire.
L’Automne dans ses vents paradoxaux sonnera le glas du dernier sursaut et ceux qui n'auront pas trouvé de réponse espèreront encore que leur radeau accoste l'année suivante sur les rives d'un monde nouveau.

Le temps a accumulé les détails sans réelle organisation et le travail s’est ralenti.
L’horizon éblouissant du matin supporte la charge des nuages simulant des arches de Noé lourdes, qui peut demander des heures à regarder progresser, et la montagne grise comme un aplat à l’horizon se découpe sur un ciel acidulé le soir.
L’atelier est ainsi cadencé par le temps qui l’illumine ou l’assombrit soudain dans un silence limpide ... et cet éternel va et vient de mouvements frénétiques, d’évidences urgentes et d’immobilité palpébrale.
Les portraits sont de nouveaux amis.
Toujours la gare, les quais, les embarcations improbables et quelques ruines pour rester vivant et revenir vers le monde réel.
Toujours l’instantané juste avant l’évènement crucial et cet évènement qui ne vient pas comme l’inconnu qui ne croise finalement pas votre route.
Les loups et les chiens, le blé brûlé, des chevaux affolés, des poulpes amoureux et enlaçant, des hippocampes aléatoires, des oiseaux en alerte, la boue, la fuite, des arbres, des extrémités suppliantes, des mains comme une nourriture, des pieds comme des visages, des camions, leurs empreintes sonores et intraitables.

La confrontation au vide crée un réseau de membres intriqués et réflexes comme progresse le palissage d’une passiflore, comme une idée se multiplie sur une embarcation fuyant sur la mer, jusqu’à la faire chavirer.
Le sacré finit de dériver vers l’île qui concentre les douleurs animales et parfois humaines comme une extra lucidité paralysante.
La beauté de la composition picturale ne doit sa réalité qu’au hasard des rencontres et à l’enfantement résultant de monstres.

Se raconter des histoires et préférer les rêver que de les vivre pour ne pouvoir jamais oser les proposer aux autres de peur de se retrouver seul.
Là est tout le paradoxe de la peinture.
Une solitude qui n’en est pas une parce que devenue extrême et insondable.
Une source.
De la nourriture.
La mer.
Le ciel.
A l’infini.

Et finir retrouvé endormi sur un bois hirsute au milieu de la lagune, là où il y a pied longtemps, entouré d’oiseaux apaisés et de bruits sans visage.

DSC02152

DSC02140

DSC01302